* Wackness

Publié le par 67-ciné.gi 2008











Wackness drame de Jonathan Levine

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avec :
Sir Ben Kingsley, Josh Peck, Famke Janssen, Olivia Thirlby, Mary-Kate Olsen, Jane Adams, Method Man, Aaron Yoo, Talia Balsam, David Wohl, Bob Dishy, Joanna Merlin, Shannon Briggs, Roy Milton Davis, Alexander Flores, Ken Marks, Kiah Fredericks, Robert Armstrong, Flint Beverage, Rudy Costa et Nick Schutt


durée : 1h40
sortie le 24 septembre 2008

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Synopsis
C’en est fini des cours. Dealer d’herbe officiel du lycée, Luke se sent hors cadre. Pas de potes, puceau, des parents endettés et expulsables, et l’université au bout des vacances.
De sa rencontre avec un psy, le docteur Squires, Luke a dealé de l’herbe contre des séances. Le docteur, lui, s’ennuie dans sa vie, son mariage s’effiloche, ses clients se raréfient et le temps passe trop vite pour lui.
Eviter l’effondrement, se sentir vivant, faire l’amour, gérer son blues, vendre son herbe, Luke Shapiro et le Dr Squires vont traverser l’été et la ville à la recherche d’aventures, de filles et d’un sens à leur vie.


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Entretien avec Jonathan Levine
- : « Comment est né le projet de Wackness ? »

Jonathan Levine : « J’ai commencé à écrire le scénario alors que je faisais mes études de cinéma, il y a quelques années. L’idée de départ c’est ces deux âmes perdues qui se rencontrent ; et puis j’ai imaginé cet étrange deal que serait l’échange de séances de thérapie contre de l’herbe. Le reste, l’époque, l’univers, etc., est venu après. »

- : « Comment avez-vous imaginé cette rencontre entre ce jeune dealer et ce psy ? »

Jonathan Levine : « Tout le film s’articule autour de cette rencontre, mais je dois avouer que je ne sais pas exactement comment cette idée m’est venue. Ce qui est certain, c’est que j’étais préoccupé par les adultes, et que j’ai réalisé que le fait de devenir adulte, d’accéder à la maturité, n’a pas forcément de rapport avec l’âge biologique.
L’idée de dépeindre ces deux âmes perdues qui partagent une crise existentielle était au coeur du film, et c’est quelque chose que je continue moi-même à explorer.
»

- : « Vos personnages sont loin d’être parfaits ou idéalisés. Vous arrivez néanmoins à les rendre attachants. Comment les avez-vous construits ? »

Jonathan Levine : « Ils existent en grande partie grâce aux comédiens. Je les ai écrits sur le papier, mais ensuite, ils ont pris vie à travers chacun des acteurs. C’est à ce moment qu’ils ont acquis une vie intérieure. C’est là qu’ils ont vraiment eu une existence en trois dimensions. »

- : « Pouvez-vous décrire les trois personnages principaux ? »

Jonathan Levine : « Luke est un être en errance, un ado qui deale de la drogue et n’a pas trouvé sa place ni au lycée, ni dans le monde. Il essaie de savoir qui il est, et en même temps, il a un sens de la responsabilité très adulte. Il est vraiment à un carrefour.
Le Dr Squires est bloqué. Son idéalisme des années 60-70 a laissé la place à de l’apathie. C’est un fantôme dans sa propre maison, incapable de communiquer avec sa belle-fille ou sa femme. Il se languit du passé, quand les choses comptaient, quand sa vie était pleine de promesses, avant qu’il ne s’engourdisse dans une routine quotidienne.
Stéphanie est une jeune femme qui a la tête solidement posée sur les épaules. Elle est heureuse, elle a beaucoup d’amis, mais elle attend davantage de l’existence que ce qu’elle vit au lycée. C’est l’image de cette fille populaire que vous pensez hors de portée mais qui peut quand même vous remarquer et se montrer gentille avec vous, même si vous-même n’êtes pas très populaire. Elle gère sa popularité avec sagesse, et elle est la première surprise d’avoir un coup de coeur pour Luke.
»


- : « Qu’est-ce qui vous a donné envie de situer votre histoire en 1994 ? »

Jonathan Levine : « Pour moi, tout a commencé par ce vieil adage, écris sur ce que tu connais. Je pense que si vous ancrez votre histoire dans les détails, ceux-ci lui donneront plus de réalisme et de force. Je connaissais en détail l’année 1994. Situer cette histoire à une autre période… eh bien, cela aurait manqué de sincérité. Une fois l’époque choisie, j’ai découvert toutes sortes de repères culturels, du procès O.J. Simpson aux mesures énergiques de Giuliani pour New York. J’ai commencé à me dire que c’était une époque chargée, et que c’était un contexte parfait pour mon histoire. »

- : « On trouve un nombre énorme de petits détails d’époque dans votre film, des affiches sur un bus qui passe en arrière-plan aux jeux vidéo. Comment avez-vous choisi ces repères temporels si précis ? »

Jonathan Levine : « J’ai ouvert les portes de ma mémoire… Le processus a été grandement aidé par la musique : où étais-je quand j’écoutais tel ou tel album ? Est-ce que c’était comme ça que je voyais la vie ? Tous les petits détails ont commencé à me revenir et à s’assembler de façon à brosser ce portrait de New York en 1994. »

- : « Votre film contient-il une part d’autobiographie et si oui, à quel niveau ? »

Jonathan Levine : « C’est un film personnel sans être autobiographique. Ce monde est celui dans lequel j’ai grandi, et je me sentais comme Luke quand j’étais au lycée. La musique, le contexte, toutes ces choses font partie de ma propre expérience. Je n’ai par contre jamais eu un personnage comme celui de Sir Ben Kingsley dans ma vie, mais j’aurais beaucoup aimé ! »

- : « Comment avez-vous choisi l’univers musical de votre film ? Pouvez-vous nous en parler à travers les titres que vous avez choisis ? Ont-ils une signification particulière pour vous ? »


Jonathan Levine : « Chaque chanson évoque pour moi un endroit et un moment. Cet été-là a été celui de Nas, Biggie, Wu Tang, et A Tribe Called Quest. Je savais donc que je voulais ces artistes. Au-delà de ça, cela dépendait aussi des droits que nous pouvions avoir et des titres qui fonctionnaient avec le dialogue. Nous avions un producteur musical génial nommé Bryan Lawson qui a été d’une aide précieuse. »

- : « L’image que vous donnez de New York est assez atypique. Pouvez-vous nous en parler ? »

Jonathan Levine : « New York est presque un personnage en soi dans le film, exactement comme l’est la musique. Je voulais faire vivre un New York personnel, pas forcément celui de l’Empire State Building et de la Statue de la Liberté, mais celui de ces lieux qui signifiaient tellement pour moi. Ce n’est pas une vision touristique de la ville, mais plutôt une vision de l’intérieur. Nous voulions capter différents aspects de New York, les plus glauques comme les plus romantiques. »

- : « Votre histoire marque aussi la rencontre de deux hommes de générations différentes. Pouvez-vous nous en parler et expliquer ce qu’elle révèle sur chacun d’eux et sur la vie en général ? »

Jonathan Levine : « Le point de départ est que l’on peut toujours grandir, quel que soit notre âge. Au cinéma, les personnages apprennent en général les leçons que l’histoire leur donne et vivent heureux ensuite. Mais dans la vie, ça ne marche pas comme ça. J’ai souvent fait un pas en avant pour deux en arrière, en oubliant les leçons que j’avais apprises par le passé. Pour moi, la relation de ces deux personnages parle d’avancer dans la vie, d’essayer de trouver comment faire face. Pour Luke, il s’agit de trouver comment grandir. Et je crois que dans un sens, c’est la même chose pour le Dr Squires. Il affronte les mêmes choses que Luke, bien des années plus tard. Je ne suis pas certain de ce que cela dise sur la vie. Peut-être juste que la vie est difficile et que nous affrontons tous ses difficultés à notre manière, et que nous pouvons compter sur les autres pour rester fidèles à nous-mêmes… »

- : « Il y a quelque chose de désabusé dans le film. Est-ce lié à l’époque ? A la fin de l’adolescence, au début de la vieillesse ? »

Jonathan Levine : « Je crois que c’est une époque douce-amère, une époque d’innocence perdue. Et la fin a quelque chose de nostalgique, c’est sûr. Ceci dit, j’ai essayé de contrebalancer cela par un sentiment d’espoir, parce que je crois que chacun de ces deux personnages a encore beaucoup à vivre et à faire. »

- : « Le traitement visuel de vos images rappelle parfois, surtout sur les scènes de plage, l’esprit d’un vieux film de vacances. Pouvez-vous nous en parler ainsi que de l’aspect visuel du film ? »

Jonathan Levine : « Une grande partie de la tonalité a été déterminée au moment de la postproduction. Petra Korner, ma directrice de la photo, et moi voulions que le film ressemble à un souvenir un peu embrumé. Cela s’est traduit par une sorte de flou nostalgique et trouble pour les scènes en ville, et par cette ambiance de carte postale pour ce qui se déroule sur la plage. Nous avons aussi essayé d’introduire une progression de la couleur dans le film. Au fur et à mesure que le monde de Luke s’ouvre, la palette de couleurs fait de même. »

- : « Souvent dans votre mise en scène, un gros plan signifiant vient se glisser dans la scène, reteintant le propos et marquant votre style et votre regard. Pouvez-vous nous en parler ? »

Jonathan Levine : « Je trouve que ces gros plans aident à raconter l’histoire. En particulier quand vous avez un acteur de la trempe de Sir Ben Kingsley, qui fait passer tant de choses par son regard. Un gros plan peut vous ouvrir l’accès au monde intérieur des personnages. Quant à Josh, les gros plans permettent de voir les névroses qui le rongent en permanence. Cela nous donne une perspective plus profonde sur les protagonistes. »

- : « Votre film ressemble souvent à une fable, sur la vie, les femmes, l’amour et la recherche de soi-même. Quelle en serait la morale ? »

Jonathan Levine : « Je ne suis pas sûr qu’il y ait vraiment une morale. Il y a eu un effort conscient de notre part pour ne donner ni réponse ni jugement, mais plutôt pour poser des questions. Qu’est-ce que ça veut dire, devenir adulte ? Comment s’en sortir avec toutes ces stupidités, toutes ces bouffonneries que la vie met en travers de notre chemin ? Je n’ai pas les réponses, mais ce sont des questions que je me pose chaque jour. »

- : « Comment avez-vous travaillé avec vos acteurs ? »

Jonathan Levine : « Avant toute chose, je leur ai donné entière liberté de faire leur travail. Par bien des aspects, je me suis aligné sur Sir Ben Kingsley. Je suis un jeune réalisateur, et je voulais qu’il se sente le plus possible à l’aise. Nous avons parlé de la manière dont il aime travailler, et j’ai créé cet environnement pour lui. Avec Josh et Olivia, il s’agissait surtout de les laisser apporter leur expérience, pour qu’ils puissent s’approprier leurs personnages à leur façon. Je me suis efforcé de les installer dans un cadre de lieu et de temps, de leur donner la certitude qu’il n’y avait pas de mauvais choix, et puis je les ai laissé faire. Et ils ont fait de l’excellent travail. »

- : « Qu’essayez-vous de communiquer au public à travers votre film ? »

Jonathan Levine : « Ce que je m’efforce de dire, c’est qu’il faut se garder de juger. Mais j’espère que les gens reconnaîtront leurs défauts, leurs erreurs, leurs sentiments dans chacun de ces personnages. Si le film s’efforce de dire une chose, c’est que nous sommes tous ensemble dans le même bateau. »

- : « Quels souvenirs forts gardez-vous des années 1993-1994 ? »

Jonathan Levine : « La musique. Par-dessus tout, c’est ce dont je me souviens. Cette putain de musique géniale ! »


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Fiche technique
Scénariste et réalisateur : Jonathan Levine
Chef monteur : Josh Noyes
Directrice de la photographie : Petra Korner
Chef décoratrice : Annie Spitz
Directrice artistique : Beth Kuhn
Ensemblière : Cherish Magennis
Chef costumier : Michael Clancy
Distribution des rôles : Joanna Colbert et Richard Mento
Producteurs : Keith Calder, Felipe Marino et Joe Neurauter
Coproducteur : Brian Udovich
Producteur délégué : Jared Goldman
Superviseur de production : Dave Donars
Textes et entretien : Coming Soon Communication

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à Caroline Verhille
photos © Occupant films
logos & textes © www.bacfilms.com

Publié dans PRÉSENTATIONS

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