* Vilaine

Publié le par 67-ciné.gi 2008











Vilaine comédie de Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit

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avec :
Marilou Berry, Frédérique Bel, Pierre-Francois Martin-Laval, Joséphine De Meaux, Thomas Ngijol, Chantal Lauby, Alice Pol, Gil Alma, Liliane Rovere et Charles Meurisse


durée : 1h33
sortie le 12 novembre 2008

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Synopsis
Mélanie est une fille trop gentille. Sa mère, son patron, ses copines, sa voisine et même le chien de sa voisine le savent... et en profitent. Un jour, suite à une ultime humiliation, Mélanie décide de changer. Désormais elle va se venger de tous ceux qui lui ont pourri la vie. Sauf que la méchanceté, ça ne s’apprend pas en deux jours, surtout quand on a été une gentille fi lle toute sa vie...


***

Interview Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit
- :
« Avec cette histoire de vilain petit canard se métamorphosant en impitoyable revancharde, on est entre le conte… et les films des frères Farrelly. »

Allan Mauduit : « Merci, c’est ce qu’on a essayé de faire dès le départ : un conte moderne qui pioche dans tous les registres d’humour mais sans jamais perdre le fil de l’histoire. On n’a pas dérogé aux règles du conte. La modernité vient du traitement qu’on a donné à cette fable.
»

Jean-Patrick Benes : « C’est “la vengeance de Cendrillon”. Il y a aussi une référence à Amélie Poulain… notre héroïne s’appelle Mélanie Lupin.
»

- : « Le film fait aussi souvent référence au cinéma de genre. »

Allan Mauduit : « C’est vrai mais le ton n’est ni celui de la parodie ni celui de la référence permanente. Lorsque Mélanie décide de devenir vilaine, on a situé l’action sur un toit d’où elle contemple la ville endormie : on est dans une imagerie à la Spider-man, sauf qu’elle vient de sortir de son bain avec les cheveux mouillés et qu’elle s’enrhume ! »

Jean-Patrick Benes : « Vilaine s’apparente à un film de super héros : Mélanie subit un traumatisme, se découvre un pouvoir – celui de faire le Mal- qu’elle va tenter de maîtriser. Au départ, elle va ramer pour y arriver. Puis, elle va aller affronter Aurore, sa Némésis, la vraie méchante de l’histoire. Mélanie est une injusticière »


Allan Mauduit : « Une super héroïne à la française, plutôt malchanceuse. »


- : « Ce qu’il y a de surprenant dans le ton du film, c’est son incorrection, parfois proche de l’humour anglo-saxon… »

Allan Mauduit : « C’est le concept même du film, on a travaillé notre gamme d’incorrectitudes (rires). Quand on part du postulat qu’une fille décide d’arrêter d’être gentille car “on ne peut pas être rond dans un monde carré”, on peut explorer tous les travers de l’être humain et s’en amuser. »

- : « Est-ce que vous vous êtes fixés des limites en terme d’humour ? »

Allan Mauduit : « Non, à part celle de se faire rire mutuellement et d’être logique avec la morale du film. On tenait à être parfois cruels mais pas cyniques ou trash ! »

Jean-Patrick Benes : « On adore l’humour con aussi. Ben Stiller, Will Ferrell, Vince Vaughn nous font beaucoup rire. »

Allan Mauduit : « Ah oui, on en est vraiment fan. Mais c’est Jean-Patrick le plus con de nous deux. L’idée du chaton dans la poubelle, c’est lui ! »

Jean-Patrick Benes : « J’aime bien faire du mal aux animaux (rires). J’adore le combat entre Ben Stiller et le chien dans Mary à tout prix. J’aime aussi beaucoup la mort des trois toutous dans Un poisson nomme Wanda. Pour revenir à l’idée du “politiquement incorrect”, on adorait l’idée d’avoir un personnage qui fait le mal parce que ça lui fait du bien, contrairement à une Amélie Poulain qui fait le bien parce que ça lui fait du bien. »

- : « Qu’est-ce qui dans l’imagerie du film est puisé dans la culture américaine ? »

Allan Mauduit : « En fait, c’est Martinez, le patron de Mélanie incarné par Pef, qui apporte cette touche américaine à travers la décoration de son café : c’est un Bobby Ewing à moustache. Pour construire ce personnage qui est fou de 4X4 et du Paris Dakar, on l’a imaginé à 20 ans sillonnant la route 66… en se disant qu’il n’en était jamais revenu ! Sinon, le film n’est pas trop référencé, hormis certains plans qui sont empruntés au film noir américain, ou lorsque Mélanie adopte le style vestimentaire des années 50, après avoir décidé d’être vilaine. »

Jean-Patrick Benes : « On s’est permis quelques références - en terme de plans et d’univers - mais jamais au détriment de l’histoire et des personnages. »

Allan Mauduit : « Beaucoup d’idées nous ont traversé l’esprit et l’on a dû faire des choix pour éviter la gratuité. La ligne directrice reste la métamorphose d’une jeune fille suite à une histoire d’amour avortée. »


- : « Est-ce que vous avez tous les deux été influencés par le même genre de cinéma ou de série ? »

Jean-Patrick Benes : « Oui. Et on était raccord sur le film qu’on voulait faire mais… »

Allan Mauduit : « Mais, sincèrement, en écrivant Vilaine, on avait du mal à trouver des références évidentes. Lorsqu’on nous demandait à quoi le film allait ressembler, on était coincés. »

Jean-Patrick Benes : « On voulait faire un film avec un univers fort. Avec un haut degré de fiction. Avec des personnages archétypaux mais originaux. On voulait que chaque décor, chaque costume soit bigger than life. »

Allan Mauduit : « On s’est vraiment régalé avec les décors et c’est peut-être ce côté très stylisé qui peut faire penser aux films américains. »

Jean-Patrick Benes : « On peut trouver des passerelles, par exemple entre Vilaine et Muriel, à cause de son héroïne. »

- : « John Waters aussi, pour son extravagance et son univers bigarré ? »

Jean-Patrick Benes : « Oui, mais pour être honnêtes, nous sommes plus proches du remake d’Hairspray que de l’original de John Waters. On s’est amusés à associer une esthétique glamour au politiquement incorrecte pour devenir sympathiquement incorrecte. Et puis on s’est amusés aussi à pousser tous les petits rôles. »

- : « C’était une tradition très française, celle des gueules de second plan, qui revient de plus en plus à la mode… »

Allan Mauduit : « On en est ravi ! On a trouvé beaucoup de comédiens en province, à Bordeaux notamment, et on a travaillé avec eux en amont. Par exemple, on a une quarantaine de petits vieux dans la maison de retraite qui sont géniaux. »

Jean-Patrick Benes : « Tous ont adoré jouer des rôles un peu barrés. Nous étions constamment en demande et nos premières indications de jeu étaient toujours de se lâcher. Quitte ensuite à corriger les effets. »

Allan Mauduit : « Démarrer un film par Il était une fois, c’est la porte ouverte aux anachronismes et aux looks les plus insensés. Visuellement, les années 2000 ne nous excitent pas vraiment ; les années 70 et 80 sont plus marrantes. Musicalement, c’est la même chose. Comme l’on est dans une fable et que l’action se déroule dans une petite ville de province, on s’est autorisé des mélanges un peu fous. Finalement, on s’est donné les libertés dont on avait rêvé. »

- : « En quoi Marilou Berry était-elle l’héroïne idéale de la situation ? »

Jean-Patrick Benes : « Elle s’est rapidement imposée comme une évidence parce qu’on cherchait une actrice comique et jeune, ce qui est plutôt rare. »

Allan Mauduit : « Marilou a une force comique incroyable et quand elle a accepté le scénario, on savait que le film était lancé. »


- : « Est-ce qu’au final, vous ne seriez pas deux grands romantiques ? »

Allan Mauduit : « Avoir un fond sentimental et des personnages embarqués dans une histoire d’amour, c’est le meilleur vecteur pour balancer des vacheries ! »

Jean-Patrick Benes : « Nous sommes partis d’une narration inverse de celle d’un film romantique où le personnage part en quête d’amour sur un chemin semé d’embûches. Dans Vilaine, Mélanie a pour objectif de faire le Mal sauf qu’elle se heurte à un obstacle : l’amour. »

- : « Et si l’on vous parle de film féministe ? »

Jean-Patrick Benes : « Je dis honnêtement : oui ! »

Allan Mauduit : « C’est un vrai film de filles et nous en sommes fiers. Le dernier dans le genre que nous avons vu et adoré, c’était Boulevard de la mort. »

- : « Lors de votre adolescence, étiez-vous la version masculine de Mélanie ou plutôt celle d’Aurore ? »

Allan Mauduit : « Absolument ni l’une, ni l’autre ! »

Jean-Patrick Benes : « Je ne me suis jamais senti dans la peau du vilain petit canard… »

Allan Mauduit : « Tu étais plutôt Jonathan (rires) »

Jean-Patrick Benes : « Faux. Jonathan est un Homme objet, romantique et stupide. Or je n’ai jamais été un Homme objet. »

Allan Mauduit : « Je suis peut-être un vrai gentil comme Mélanie, mais je n’ai pas eu son enfance. Dieu merci ! »

Jean-Patrick Benes : « Je dirais que nous sommes des gentils déçus par le monde, d’où ce film engagé (rires). »

- : « Si vous deviez être vilains, quelle serait votre toute première mauvaise action ? »

Jean-Patrick Benes : « Si le film est particulièrement bon, j’enlèverai son nom du générique. »

Allan Mauduit : « Ca, c’est vraiment vilain ! »

Jean-Patrick Benes : « Et s’il est particulièrement mauvais, j’enlèverai le mien. »

Allan Mauduit : « Moi, je laisserai nos deux noms. Par solidarité. Je suis donc un vrai gentil. Trop bon, trop con, comme on dit (rires). »

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Fiche technique
Réalisateurs et scénaristes : Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit
Directeur de la photographie : Régis Blondeau (A.F.C.)
Compositeur : Christophe Julien
Chef monteur : Antoine Vareille
Chef décorateur : Jean-Marc Tran Tan Ba
Chef costumier : Pierre Canitrot
Chef maquilleuse : Hue Lan Van Duc
Chef coiffeur : Yves Giorgi
Chef opérateur son : Nicolas Waschkowski
1er assistant réalisateur : Mathieu Vaillant
Directeurs de casting : Richard Rousseau et Constance Demontoy
Scripte : Sandrine Bourgoin
Directrice de production : Marianne Germain
Producteurs : Fabrice Goldstein, Antoine Rein (Karé Productions)
Coproducteurs : M6 et Snd
Régisseur général : Christophe Grandiere
Distribution : Snd
Photographe de plateau : Youri Zakovitch
Avec la participation de : Tps Star, Cinécinéma, le conseil régional d’Aquitaine, le conseil général de Dordogne, le Cnc, la Procirep et la Fondation Beaumarchais

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à
Marilou Berry et Olivier Lebraud
logos, textes & photos © www.snd-films.com

Publié dans PRÉSENTATIONS

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