* L’emmerdeur

Publié le par 67-ciné.gi 2008











L’emmerdeur comédie de Francis Veber

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avec :
Richard Berry, Patrick Timsit, Pascal Elbé, Virginie Ledoyen, Laurent Paolini, Michel Aumont, Cédric Chevalme, Laurie Lefret, José Paul, Stéphane Bierry, Mathieu Busson, Jérémie Covillault, Samuel Dupuy, Philippe Beglia, Sandra Moreno, Corinne Masiero et Andrée Damant

durée : 1h26
sortie le 10 décembre 2008

***

Synopsis
Deux chambres d’hôtel contiguës.
Dans l’une, un tueur, Ralph Milan.
Dans l’autre, un suicidaire, François Pignon.
Pignon a un chagrin d’amour.
Ralph, un homme à abattre.
Entre les deux chambres : une porte de communication.
Et quand elle s’ouvre, Ralph, la machine à tuer parfaitement huilée, voit débarquer l’énorme grain de sable qu’est François Pignon.
Pignon, qui mérite sans discussion le titre de champion du monde des emmerdeurs…


***

Entretien avec Francis Veber
- : « Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de refaire cette histoire ? »

Francis Veber : « J’ai écrit dix-huit scripts pour différents réalisateurs, avant de passer moi-même à la mise en scène. Mais de toutes ces histoires offertes à d’autres, l’Emmerdeur est la seule que j’ai eu envie de reprendre. La rencontre d’un tueur et d’un suicidaire dans deux chambres d’hôtel communicantes, est, je crois, un de mes concepts les plus forts. Et je n’avais pas le sentiment qu’il avait été complètement développé dans les tentatives précédentes, aussi bien au théâtre qu’au cinéma. Je ne veux pas dire par là que le film que j’avais écrit pour Edouard Molinaro, il y a trente-cinq ans, ne me plaisait pas. Edouard a fait un très bon travail, qui de surcroît a eu beaucoup de succès, mais ce n’était pas exactement ma musique. La musique que tous les auteurs ont dans la tête quand ils écrivent leurs textes. En faisant mon film, je n’ai pas eu la prétention de faire mieux que Molinaro, j’ai juste cherché à jouer la partition comme je l’entendais. »

- : « Ce deuxième film est-il très différent du premier ? »

Francis Veber : « Beaucoup de choses changent, en trente-cinq ans. Le tueur, dans la première version, arrivait à l’hôtel avec son fusil dans une valise. Aujourd’hui, avec la montée du terrorisme, c’est impensable. Quant à Pignon, il était représentant de commerce. Mais, à notre époque, avec le développement du Net et de la vente en ligne, la profession de vrp n’est plus ce qu’elle était. Pignon a donc changé de métier, il est devenu photographe de presse. Ce qui m’a intéressé dans ce changement, c’est que, maintenant, le tueur et le suicidaire ont tous les deux l’oeil collé à un objectif – un appareil de photo pour l’un et un fusil à lunette pour l’autre. Mais Pignon n’a pas fait que changer de métier. Il a aussi évolué en profondeur. Il est devenu beaucoup plus ambigu, et je pense que de tous les Pignon que j’ai pu créer dans le passé, c’est lui le plus complexe. »


- : « Pourquoi ? »

Francis Veber : « Parce que j’ai vu grandir son côté manipulateur. C’est devenu un homme qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Et qui ne tient pas compte des dégâts qu’il peut provoquer autour de lui. Il détruit d’abord le tueur, puis le psychiatre qui lui a pris sa femme, et enfin sa femme qui était prête à revenir avec lui. Pignon-Timsit appartient à cette catégorie de personnages dont l’auteur a l’impression qu’ils lui échappent. Et pour moi, qui tente à l’écriture, d’être au maximum en contrôle, ça a été une surprise de me trouver en face d’un électron plus libre que ses prédécesseurs. »

- : « Et le tueur ? »

Francis Veber : « Il a beaucoup changé, lui aussi. Et je le dois, entre autres, à l’interprétation de Richard Berry. Si exceptionnelle qu’ait été la performance de Lino Ventura, il y a des choses qu’on ne pouvait pas lui demander. Il avait une façon bien à lui de refuser de tourner une scène, il disait : c’est pas dans ma morphologie. Je ne l’imagine pas acceptant comme Berry de s’endormir, sous l’effet du tranquillisant, dans les bras de Pignon. Je ne l’imagine pas non plus secoué de tics, à cause des amphétamines, ce n’était pas, pour le citer encore “dans sa morphologie”. Avec Richard Berry, je n’ai pas eu de problème. Il m’a accompagné en souplesse dans les deux aspects de son personnage, faire peur et faire rire. Richard possède à la fois un grand potentiel de violence et la vis comica. L’idéal dans une comédie comme L’emmerdeur. »

- : « Et Patrick Timsit ? »

Francis Veber : « Patrick a les mêmes qualités. Dans Le cousin d’Alain Corneau, il joue un indic avec la force, la brutalité d’un James Cagney. Et dans Pédale douce, il est à la fois touchant et drôle dans le rôle d’un gay. Timsit et Berry ont tous deux une palette très riche, ils boxent dans la même catégorie et je pouvais espérer, en les faisant jouer ensemble, assister à un beau match. »

- : « Ce film est votre douzième réalisation. Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de mettre en scène ? »

Francis Veber : « Je suis de plus en plus obsédé par le rythme. Si j’avais réalisé L’emmerdeur, il y a trente-deux ans, au moment où je faisais mes débuts avec Le jouet, il ferait sans doute dix minutes de plus. Aujourd’hui je demande à mes acteurs de resserrer leur jeu au maximum et, quand j’arrive au montage, j’essaye de dégraisser le plus possible. Billy Wilder disait que dans la comédie, au-delà de 90 minutes, les minutes comptaient double. Je tente de garder ça en tête quand je commence un tournage. »


- : « Pensez-vous que vous auriez fait ce film si la pièce de théâtre ne l’avait pas précédé ? »

Francis Veber : « Je ne crois pas. La pièce, fait partir du processus de maturation qui m’a amené à refaire ce film. On raconte que les Marx Brothers, avant de se lancer dans un tournage, commençaient par roder leurs gags sur scène pendant quelques semaines. On ne peut pas dire que cette méthode ne leur ait pas réussi. J’ai pour ma part adapté trois pièces de théâtre : La cage aux folles, Le dîner de cons et L’emmerdeur. Et que ce soit Serrault, Villeret ou Berry et Timsit, j’ai vu tous les acteurs qui faisaient ce voyage de la scène à l’écran, arriver devant la caméra en sachant exactement où se plaçaient leurs effets. C’est un formidable luxe, quand on met en scène, d’avoir des interprètes qui ont dans les jambes, deux ou trois ans de répétition avant le premier tour de manivelle. »

- : « Aux côtés de Richard Berry et Patrick Timsit, vous aviez un casting très riche : Virginie Ledoyen, Pascal Elbé, Michel Aumont, Laurent Paolini. »

Francis Veber : « J’ai tourné avec Virginie Ledoyen, il y a quelques années, et quand il m’a fallu choisir une femme pour Pignon, j’ai tout de suite pensé à elle. Virginie est belle, d’une beauté discrète. On peut l’imaginer partageant pendant sept ans la vie de L’emmerdeur, dans un petit pavillon de Meudon, faisant une dépression nerveuse pour des raisons bien compréhensibles, et s’enfuyant avec son psychiatre. Je connais peu d’actrices qui, comme Virginie, soient à la fois jolies et drôles. Il fallait ça pour jouer Madame Pignon. Je n’avais jamais travaillé avec Pascal Elbé et j’ai découvert un grand acteur comique. Ce n’est pas un rôle facile que celui du psychiatre dans L’emmerdeur. Le docteur Wolf est séduisant en apparence, mais on découvre très vite qu’il est obsédé sexuel, qu’il est pingre, qu’il est suffisant. Wolf est un dominant, trop sûr de lui et qui, Dieu merci, va en prendre plein la gueule. Il va se transformer petit à petit en loque, à cause de Pignon. Et je ne me doutais pas que cet acteur au physique de jeune premier avait en lui des telles qualités de clown. J’ai connu Michel Aumont en 1976, dans Le jouet. Et je ne l’ai pas lâché depuis. Il a un rôle très important dans L’emmerdeur, c’est lui qui fait l’aération du film. Dans la mouture précédente, pour établir Lino en tant que tueur, je lui faisait commettre un crime au début de l’histoire. Aujourd’hui, Richard Berry n’a pas besoin de tuer quelqu’un pour se définir. C’est Michel Aumont qui s’en charge. Témoin dans le procès qui va s’ouvrir, il est tellement terrorisé dans le fourgon de gendarmerie qui le conduit au tribunal, qu’il donne au tueur toute sa dimension. Je ne parlerai pas ici du talent de Michel Aumont, il n’est plus à démontrer. Mais sa façon de jouer une crapule, morte de trouille, sous l’oeil méprisant des gendarmes chargés de sa protection, me donne envie de continuer longtemps avec lui. Pour finir, un mot sur Laurent Paolini. Il a tenu pendant deux ans le rôle du garçon d’étage au théâtre. Il a une tête de mime avec ses yeux trop clairs dans un visage trop blanc, il a une grâce d’acrobate, et je pense, un bel avenir au cinéma. »


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Fiche technique
Réalisateur : Francis Veber
Scénariste : Francis Veber
Dialoguiste : Francis Veber
Directeur de la photographie : Robert Fraisse
Chef décorateur : Dominique André
Créatrice de costumes : Jacqueline Bouchard
Compositeur : Jean-Michel Bernard
Directrice de casting : Françoise Menidrey
1er assistant réalisateur : Alain Olivieri
2e assistant réalisateur : Olivier Falkowski
Repérages : Colomba Falcucci et Carole Breteau
Assistants réalisateurs adjoints : Pierre Leimbacher et Jordan Santoul
Scripte : Isabelle Perrin-Thévenet
Assistante scripte adjointe : Martine Audouard
Assistant personnel Francis Veber : Laurent Petrelli
Casting figuration : Franck Jouard
Storyboarder : Fabien Lacaf
Producteur : Patrice Ledoux
Directeur de production : Bernard Seitz
Régisseur général : Stéphane Riou
Attachée de direction Pulsar Productions : Valérie Leroux
Assistante de Patrice Ledoux : Marie Wagenaar
Administratrice de production : Françoise Della Libera
Administratrice adjointe : Corinne Decka
Assistante de production : Marie Kerhoas
Régisseur adjoint : Christel Rasquin
Assistants régisseurs adjoints : Valentin Tourdjman, Cyril Mund et Romain Courtine
Cadreur : Patrick Deranter
1er assistant opérateur : Alain Herpe
2e assistant opérateur : Steve De Rocco
Assistant OPV adjoint : Florian Desmoulins
Stagiaire caméra : Victor Lazaro
Photographe de plateau : Dominique Le Strat
Chauffeur Patrick Timsit : Hazedine Derouiche
Chauffeur Richard Berry : Momo Bennai
Making of : Franck Peltier
Textes et entretiens : Pascale & Gilles Legardinier

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à
Amel Qouba, Davy Antoine, Aurélie Rix et Pascal Launay
logos, textes & photos  ©
www.tfmdistribution.fr

Publié dans PRÉSENTATIONS

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