* Largo Winch

Publié le par 67-ciné.gi 2008











Largo Winch aventure de Jérôme Salle

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avec :
Tomer Sisley, Kristin Scott Thomas, Miki Manojlovic, Mélanie Thierry, Gilbert Melki, Anne Consigny, Karel Roden, Steven Waddington, Rasha Bukvic, Nicolas Vaude, Bojana Panic et Benjamin Siksou

durée : 1h48
sortie le 17 décembre 2008

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Synopsis
Le milliardaire Nerio Winch est retrouvé noyé. Une mort forcément suspecte quand on sait qu'il s'agit du fondateur et principal actionnaire du puissant et tentaculaire Groupe W.
Qui va hériter de cet empire économique ? Officiellement Nerio n'avait pas de famille. Mais il cachait un secret : un fils, Largo, adopté presque trente ans plus tôt dans un orphelinat bosniaque.
Seul problème, ce jeune héritier vient d'être jeté dans une prison du fin fond de l'Amazonie. Accusé de trafic de drogue, il clame son innocence.
Nerio assassiné. Largo emprisonné. Et si ces deux affaires faisaient partie d'un seul et même complot visant à prendre le contrôle de l'empire Winch ?


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Rencontre avec Tomer Sisley, interprète de Largo Winch
- : « Comment êtes-vous arrivé sur le projet ? »

Tomer Sisley : « Bien que je ne lise pas de bandes dessinées, le nom de Largo Winch m’évoquait certaines choses, assez pour savoir qu’il s’agissait de quelque chose d’important. Je ne savais rien non plus des romans que Jean Van Hamme avait écrits. Pour la petite histoire, je peux juste dire que j’avais participé au casting de la série télévisée pour un des rôles secondaires – sans doute celui de Simon ! J’ai évidemment tout de suite acheté et lu les trois premières B.D. avant de me rendre au premier rendez-vous avec Jérôme Salle. J’ai passé des essais, d’abord avec un texte à jouer, puis une journée entière en costume avec le chef opérateur pour un début d’essais lumière. Ce rôle me faisait très envie, parce que le personnage me correspondait vraiment. Peu après, Jérôme m’a appelé pour me demander ce que je faisais pendant l’été, parce que lui allait faire un film et que si ça me tentait… C’était une jolie façon de m’annoncer que j’avais le rôle. Un très bon souvenir ! »

- : « Comment avez-vous approché votre rôle ? »

Tomer Sisley : « J’ai eu un vrai coup de coeur pour le personnage, avec son côté anticonformiste, déraciné, sans famille, jeune loup tête brûlée, séducteur et amoureux de la nature. La blessure qui lui reste de son enfance n’est pas développée dans les bandes dessinées, mais c’est ce qui m’a intéressé. Adopté, Largo n’a jamais rien demandé à personne, il a grandi heureux dans une famille qu’il considère comme la sienne. A l’âge de dix ans, sa vie bascule brusquement et on va tout lui enlever, sans qu’il puisse trouver une compensation dans l’amour d’un père. Simple, et équilibré, il va être jeté dans un milieu malsain où il faut sans cesse se battre. Les acteurs ont souvent tendance à s’identifier aux rôles qu’on leur propose, et là, je me suis trouvé beaucoup de points communs avec lui, cet éternel gamin déraciné qui garde des blessures de son enfance. »

- : « Comment définiriez-vous Largo ? »

Tomer Sisley : « A mon sens, ce n’est pas un héros. Lorsqu’il fait des cascades, ce n’est pas parce que c’est un surhomme, mais juste par instinct de survie. C’est un humain faillible, un enfant blessé. Son aventure le fait évoluer. A la fin du film, il n’est plus le jeune chien fou qu’il était au début. Des événements comme la mort de Nerio le font changer en l’obligeant à faire face à ce qu’il ne voulait pas accepter. Une des clés qui nous permet de mieux cerner le personnage se révèle au cours d’une conversation qu’il a avec Freddy. Largo ne veut pas de la fortune de Nerio, il pense que celui-ci ne l’a jamais aimé et ne l’a adopté que par besoin d’avoir un héritier. Mais Freddy lui répond que cet argent lui appartient qu’il le veuille ou non, et qu’aucune fuite n’est possible. »


- : « Comment avez-vous construit votre personnage ? »

Tomer Sisley : « J’ai eu cinq mois de préparation avec musculation, entraînements quasi quotidiens et préparation des chorégraphies de combats. Habituellement je me nourris principalement de chocolat au lait, alors entre le régime et la discipline physique, le choc a été rude ! Sur l’attitude physique, nous avons travaillé sur les séquences où je suis habillé classe parce que, contrairement à moi, Largo doit être très à l’aise dans les milieux huppés. Depuis l’âge de dix ans, il a reçu la meilleure éducation dans les collèges privés de Suisse et d’Angleterre alors que c’est l’âge auquel je suis arrivé en France, sans savoir parler un seul mot de la langue ! A mon sens, Largo est un petit sauvageon qui doit pouvoir faire illusion dès qu’il est bien sapé. Cela ne doit pas reposer sur un prétendu charme, mais d’abord sur une attitude, une sorte de noblesse instinctive. A cela, je voulais rajouter de la nonchalance. Il ne s’assoit pas comme tout le monde dans un fauteuil de conseil d’administration… Nous avons beaucoup discuté du scénario avec Jérôme et il a accepté certaines de mes propositions. Par exemple, le personnage de Léa, joué par Mélanie Thierry, est très important. Il me semblait qu’il manquait une scène pour montrer l’attirance qui existe entre elle et Largo, même lorsqu’il sait qu’elle est son ennemie. Après notre discussion, Jérôme et Julien ont ajouté une scène intéressante. Après m’être échappé de la prison où elle m’a envoyé, nous nous retrouvons ensemble dans un spa, où lors d’une séance de massage, je lui pose des questions. Nous nous reconnaissons mutuellement, sans jamais en parler. »

- : « Vous souvenez-vous de la première scène que vous avez tournée ? »

Tomer Sisley : « C’était dans un orphelinat où Largo pénètre par effraction. Il n’y avait pas beaucoup de dialogue, et c’était du serbe. J’avais travaillé la diction et je me souviens encore du texte aujourd’hui ! Après la prise, Jérôme est venu me voir pour me dire que je m’en étais bien sorti. Je ne m’en étais pas rendu compte, mais beaucoup attendaient de voir ce que j’allais donner. Après ça, ils ont commencé à être convaincus. »

- : « Comment s’est passé le tournage ? »

Tomer Sisley : « Six mois dans de nombreux pays, ça représente forcément quelque chose. Même si les séquences physiques peuvent être dures, une équipe est là pour faire en sorte que tout se passe bien. Par contre, pour les scènes de comédie, on est tout seul ! C’était donc mon principal souci. Je redoute moins les scènes d’action. J’adore ça et je suis persuadé qu’on ne me demande de faire que ce dont je suis capable. Sans être un sportif de haut niveau ni un cascadeur, j’apprends très vite. Je pratique divers sports extrêmes – un de mes nombreux points communs avec Largo. Je me concentre sur les scènes de jeu parce que c’est ce qui m’intéresse le plus et c’est ce qu’il y a de plus fragile. Je travaillais à la fois avec la première et la seconde équipe. J’étais partout, avec parfois de l’entraînement ou des répétitions le soir. Mais j’étais conscient de ma chance tous les jours. Je me levais à quatre heures du matin après trois heures de sommeil et j’étais content de venir sur le tournage. Heureux de retrouver tous les jours Jérôme et toute l’équipe. Je me sentais à l’aise dans cette grosse machine. L’idée que tous ces gens bossent pour que je sois bien à l’écran me rassurait. Jamais aucun autre film ne m’a donné autant de plaisir. Quand on a goûté au plaisir de pouvoir faire des journées aussi lourdes dans une aussi bonne ambiance, je crois qu’il est difficile de travailler autrement. »


- : « Attendiez-vous certaines scènes particulièrement ? »

Tomer Sisley : « J’attendais surtout avec impatience les scènes de jeu, notamment la scène du massage dans le spa, l’ultime dispute avec son père, la confrontation avec Freddy dans l’avion, lorsqu’il explique à Largo qu’il se trompe sur l’amour que lui a porté Nerio, mais également la mort de ma mère qui est une scène particulièrement émouvante. Paradoxalement, j’étais moins inquiet pour les scènes d’action. J’ai adoré être accroché sur le toit d’un bus lancé à 60 km/h, obligé de me baisser pour passer sous les ponts. De même que pour la fameuse scène du saut du haut de la falaise, je savais comment les choses allaient se passer, que tout le monde ferait en sorte que tout se passe bien. Je savais que j’arriverais en bas sans rien me casser, prêt à refaire la scène, et surtout que j’allais adorer ça. »

- : « Pour ces scènes de jeu, comment avez-vous travaillé avec Jérôme ? »

Tomer Sisley : « Le travail s’est essentiellement fait en amont. Nous avons beaucoup parlé, mais sans avoir ni de répétition ni de lecture. La première prise était toujours faite telle que je la sentais. Si Jérôme n’était pas d’accord ou si j’avais oublié quelque chose de primordial, on recalait les choses et on y retournait. Je faisais ce qu’il demandait parce que j’ai appris à lui faire confiance. Depuis ma première journée d’essais, je sais qu’il voit tout. Il repère le moindre petit changement dans l’intention. C’est la grande différence entre la scène et l’écran. Comme le disait Marlon Brando : au théâtre, on doit montrer ce que l’on pense alors qu’au cinéma, il suffit de le penser. Jérôme sait capter cela. »

- : « Redoutiez-vous certaines scènes ? »

Tomer Sisley : « Sans les redouter, je me demandais comment j’allais réussir le challenge que représentaient certaines scènes. En particulier, la scène clé où je demande des explications à mon père ou celle de l’avion avec Freddy. Je souhaitais un regard paternel de la part de Freddy, qui incarne la raison et la maturité. Pour moi, à cet instant, face à Freddy, Largo réagit comme un enfant. Je tenais à ce que cet aspect-là transparaisse parce qu’il ne fallait pas qu’il soit parfait. J’attendais aussi la scène de la mort de ma mère, un plan-séquence de plus de cinq minutes sans aucun dialogue. Je me retrouvais avec le corps de ma mère dans les bras, sans aucun texte ni partenaire comme point d’appui, seul, face à mes émotions les plus profondes. »

- : « Pouvez-vous nous parler de vos partenaires ? »

Tomer Sisley : « Le casting était varié et j’ai rencontré beaucoup de gens très différents. Kristin Scott Thomas maîtrise son jeu à la perfection, mais aussi son corps, son phrasé. Elle est très impressionnante. Nous nous sommes très bien entendus. Paradoxalement, c’est dans une scène où elle ne joue pas directement qu’elle m’a le plus bluffé. Lors du conseil d’administration, je faisais face à une quinzaine de comédiens et le plan était sur moi. Kristin était en face, complètement hors champ. Le tournage a duré longtemps et je me suis aperçu qu’elle était là, impliquée à 100 %. Beaucoup de comédiens de son calibre seraient partis dans leur loge. Elle est restée. C’est le parfait exemple de la générosité qu’elle met dans son jeu. Je suis tombé amoureux de Miki Manojlovic. Je suis un fan absolu de son travail. Nous avons des techniques de jeu différentes, et pourtant nous nous rejoignons. J’ai beaucoup parlé avec lui. Malgré son âge, c’est un enfant de douze ans, avec la même sensibilité, la même ouverture et la même énergie. Il est d’une bonté absolue. J’ai été très frustré de ne pas avoir plus de scènes avec lui. Tourner avec Mélanie Thierry a été un vrai bonheur. Elle intègre tout, elle s’adapte, elle vit complètement la scène en fonction de l’échange. Vous la sentez présente, impliquée, c’est très agréable. Je dois aussi parler d’Anne Consigny, qui joue le rôle de ma mère. Elle a un tel instinct maternel, qu’elle dégage une incroyable quantité d’amour. Je n’ai pas eu besoin de me forcer pour voir en elle ma vraie mère adoptive ! Nous avons eu de grands moments. Elle m’a beaucoup touché. »

- : « Que représente cette expérience pour vous ? »

Tomer Sisley : « Pour la première fois je joue le rôle principal dans un long métrage, et pas n’importe lequel ! Je n’ai pourtant pas eu l’impression de porter le film sur mes épaules. Ce film m’a évidemment changé, ne serait-ce que parce que le tournage a duré six mois et que nous avons vécu énormément de choses aussi bien sur le plan humain que professionnel. Un peu comme Largo, je ne suis plus le même ! »


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Fiche technique
D’après la série de bandes dessinées : Largo Winch de Van Hamme et Francq publiée aux Editions Dupuis
Réalisation : Jérôme Salle
Scénario, adaptation et dialogue : Julien Rappeneau et Jérôme Salle
Image : Denis Rouden (A.F.C)
Son : François Maurel
Assistants réalisation : Fanny Aubrespin et Brieux Vanderswalm
Montage : Richard Marizy
Montage son : Pascal Villard et Nicolas Javelle
Mixage : Jean-Paul Hurier
Casting : Gigi Akoka
Décors : Michel Barthelemy
Costumes : Khadija Zeggaï
Maquillage : Thi Loan Nguyen
Coiffure : Patrick Giraud
Scripte : Virginie Le Pionnier
Régie : Roxanne Pinheiro
Photographe de plateau : Thomas Bremond
Musique originale : Alexandre Desplat
Supervision musicale : Valérie Lindon
Making-of : Vincent Casiro
Post-production : Guy Courtecuisse
Production éxécutive : Eric Zaouali
Produit par : Nathalie Gastaldo pour Pan-Européenne
Une coproduction : Pan-Européenne, Wild Bunch, Tf1 Films Production et Casa Productions
En association avec : Araneo Belgium S.A, Sofica Valor 7 et Sgamai Cinema 1
Avec la participation de : Canal +
Réalisé avec le soutien : du Tax-Shelter du gouvernement fédéral Belge
Distribution : Pan-Européenne et Wild Bunch Distribution
Ventes internationales : Wild Bunch
Textes et entretiens : Pascale & Gilles Legardinier
Largo Winch © 2008 Pan-Européenne - Wild Bunch - Tf1 Films Production – Casa Productions

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présentation réalisée avec l’aimable autorisation de

remerciements à
Suzanna Nilstam
www.wildbunch-distribution.com
logos & textes © 2008 WBD - Tous droits réservés
photos © Thomas Brémond

Publié dans PRÉSENTATIONS

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